LES ETAPES DU DESAMIANTAGE
Les opérations
de désamiantage doivent respecter la réglementation en vigueur,
qui a pour objectif d'assurer la sécurité des intervenants et de
l'environnement de la zone d'opérations. Elles requièrent des équipements
et des systèmes de protection importants et sont à l'origine de
chantiers souvent lourds.
Avant d'entamer
à proprement parler le désamiantage, un dépoussiérage
est effectué et les locaux sont déménagés. Tous les
équipements (réseaux, cloisons amovibles, fluides, portes, etc.)
qui ne sont pas en contact direct avec l'amiante et qui ne sont pas pollués
par des fibres sont démontés.
La
zone à traiter est ensuite confinée.
Ce confinement permet d'éviter toute fuite de fibres d'amiante hors du chantier. Pour cela, les murs sont protégés et la zone de chantier est rendue étanche par des techniques dites statiques ou dynamiques.
"
Confinement "statique" : les accès au bâtiment sont
fermés hermétiquement, les murs et les sols sont nettoyés,
puis l'ensemble des supports non lavables et/ou non décontaminables de
la zone à désamianter sont isolés par des moyens matériels
: double film plastique, vernis et peintures, etc. L'étanchéité
du confinement est ensuite testée en y introduisant de la fumée,
qui ne doit pas pouvoir s'échapper. Un renouvellement d'air permanent est
nécessaire pendant le chantier : des entrées et des évacuations
d'air sont aménagées dans l'enveloppe étanche. Des sas permettent
le passage des personnels, du matériel et l'évacuation des déchets
pollués.
" Confinement "dynamique"
: le confinement dynamique concerne le renouvellement de l'air dans la zone
désamiantée, avec une mise en dépression par rapport à
l'extérieur ; en cas de fuite dans l'enveloppe étanche, le mouvement
d'air se ferait ainsi de l'extérieur vers l'intérieur du bâtiment,
les fibres d'amiante n'étant donc pas libérées dans l'environnement.
Des extracteurs d'air équipés de filtres performants (dits "filtres
absolus", qui piègent les fibres d'amiante), assurent cette dépression.
Le système doit renouveler six fois le volume d'air par heure.
Les
étapes suivantes entraînent des manipulations de matériaux
contaminés ou contenant de l'amiante friable ; en outre, la quantité
de particules dans l'environnement confiné augmente considérablement
pendant les opérations de désamiantage. Toute personne intervenant
dans la zone de désamiantage est donc munie d'un équipement individuel
de protection :
" un système
respiratoire (masque) par ventilation assistée;
" une combinaison
jetable;
" des gants et de surbottes jetables.
Le
démantèlement (ou curage) consiste à retirer les matériaux
qui ont été en contact direct ou contaminés par des fibres
d'amiante (dalles de faux plafonds, réseaux, etc.) afin d'avoir accès
aux matériaux contenant l'amiante friable.Les matériaux contenant
de l'amiante libre ainsi rendus accessibles peuvent être arrachés.
Les techniques d'enlèvement à
privilégier sont celles qui :
" limitent l'exposition des intervenants
aux poussières d'amiante;
" provoquent le moins d'émissions
de fibres dans l'atmosphère;
" facilitent l'évacuation
des débris arrachés.
La technique
dite de "l'enlèvement à l'humide" est la plus efficace
pour réduire les émissions de poussières ; le matériau
à base d'amiante est totalement saturé d'eau avant d'être
retiré.Une fois l'amiante enlevé, les surfaces sont brossées
et aspirées.
A la fin du désamiantage,
des contrôles multiples sont effectués avant le démontage
du chantier :
" contrôles visuels de l'état des supports
par l'entreprise et le maître d'uvre, puis par un contrôleur
indépendant;
" taux d'empoussièrement résiduel de
l'air;
" inspection visuelle par le maître d'uvre pour vérifier
qu'il n'y a plus d'amiante.
Si l'inspection
est satisfaisante, la première peau du confinement est retirée.
Les mesures de restitution sont réalisées 48h après, pour
permettre à la poussière ambiante de se déposer. Lorsque
le taux d'empoussièrement est inférieur à 5 fibres/litre
d'air, l'extraction d'air et les barrières de confinement sont déposées
et un ultime nettoyage est effectué.
Après
le démontage et avant toute réoccupation des locaux, les propriétaires
doivent faire procéder à un ultime contrôle des surfaces traitées
par un technicien de la construction indépendant. L'inspection visuelle
de fin de chantier est complétée par une mesure du niveau d'empoussièrement.
Si celui-ci est inférieur à 5 f/l, les locaux peuvent être rééquipés (afin notamment de satisfaire à la réglementation sur la sécurité incendie), puis réoccupés.Si les travaux n'ont pas permis le retrait de tous les flocages, calorifugeages et faux-plafonds contenant de l'amiante (cas du confinement), un contrôle périodique de l'état de conservation des matériaux devra en outre être réalisé tous les 3 ans ou à l'occasion de toute modification substantielle de l'ouvrage ou de son usage.
Avant et pendant l'arrachage
de l'amiante, de nombreux déchets polluants sont évacués
des chantiers ; ils doivent être éliminés conformément
aux dispositions du code de l'environnement et sont répartis en trois catégories
:
" catégorie 1 : matériaux
amiantifères (flocages d'amiante), équipements de protection individuelle,
filtres, films de polyane;
" catégorie 2 : matière ou objet
ayant été en contact avec l'amiante (gravats de chantier, isolants,
etc.), non décontaminable;
" catégorie 3 : matériaux
lisses pollués mais décontaminables par lavage (structures métalliques,
épingles de chauffage, etc.).
Les
déchets de catégories 1 et 2 sont mis dans des sacs étanches
à l'intérieur du chantier et transportés jusqu'au sas déchets.
Les sacs sont nettoyés une première fois, placés dans un
second sac, lui-même lavé avant sa sortie de la zone confinée
et enfin placés dans des gros sacs (big bag), pour faciliter la manutention.
Ces derniers, étiquetés "déchets dangereux" sont
envoyés vers les centres de traitement, pour inertage ou enfouissement,
selon leur nature.
Un bordereau de suivi des
déchets d'amiante assure leur traçabilité. Le centre de traitement
retourne le dernier volet au maître d'ouvrage, accompagné d'un certificat
d'acceptation des déchets puis, après traitement, il délivre
un certificat confirmant que les déchets ont été traités.
Les déchets de catégorie 3, dits "nettoyables", sont lavés
dans le sas déchets puis traités en décharge classique.




