LA QUATE QUALITE ENVIRONNEMENTALE OU H.Q.E
La
Haute qualité environnementale ou HQE
est un concept environnemental datant du début des années 1990 qui
a donné lieu à la mise en place d'une certification " NF Ouvrage
Démarche HQE® " par l'AFNOR1 inspirée du label Haute performance
énergétique - HPE auquel il ajoute une dimension sanitaire, hydrologique
et végétale. La démarche qualité pour l'obtention
de la certification peut être effectuée par l'Association HQE, association
française reconnue d'utilité publique en 2004.
C'est une
initiative privée qui fait une offre commerciale d'ingénierie visant
à améliorer la conception ou la rénovation des bâtiments
et des villes en limitant le plus possible leur impact environnemental. Ces démarches
qualitatives tentent de surenchérir et de se substituer aux labels officiels
Haute performance énergétique ou HPE, HPE-EnR, HPE-2009.
Contrairement
au labels publics français Haute performance énergétique
(HPE) ou Bâtiment de basse consommation (BBC), la locution Haute qualité
environnementale (HQE) a fait l'objet d'un dépôt de marque commerciale
par l'Association HQE.
Normes
La notion de développement
durable est inventée au milieu des années 1980. La " Haute
Qualité Environnementale " n'est pas un ensemble de normes, mais un
ensemble d'objectifs posés au moment de la conception
Principes
La
Haute Qualité Environnementale est définie en fonction du "
coût global " comprenant le bilan énergétique, les cycles
d'entretien et de renouvellement.
Deux principes sous-tendent l'approche
HQE :
1. La construction, l'entretien et l'usage de tout bâtiment
induisent un impact sur l'environnement, et donc un coût global, que la
HQE tentera de réduire ou compenser, au-delà de ce que demande la
loi (pour au moins 7 cibles sur 14) et en visant la performance maximale (pour
au moins trois cibles dites "prioritaires"). L'économie d'un
projet de construction HQE est donc appréhendée sous l'angle du
coût global ; elle tient compte à la fois de l'investissement et
du fonctionnement.
2. Le principe des cibles : Il est lié à la
démarche qualité ; la cible est atteinte si dans le domaine concerné,
le niveau relatif de performance est égal à celui du meilleur projet
connu au même moment. Après de longs débats, l'association
HQE a admis que toutes les cibles pouvaient ne pas être traitées
en visant le maximum de performance, ce qui aurait, pour des raisons de coût
initial, mis la HQE hors de portée des petits budgets.
La démarche
peut et doit être adaptée à chaque projet - dès la
conception, en étudiant si possible soigneusement le choix du lieu. Il
est nécessaire de travailler avec un écologue et pourquoi pas avec
un sociopsychologue - car la HQE s'intéresse aux besoins et fonctions du
Vivant, s'appuie sur la biodiversité, et doit intégrer les atouts
et contraintes liés au contexte (dont le contexte humain, social, etc.)
; autant d'éléments qui varient toujours selon le lieu, l'époque
et les caractéristiques du projet.
Certains effets de seuils et
d'échelle sont plus facilement atteints à l'échelle de quartiers
qui peuvent être urbanisés en suivant ces principes, avec des modalités
variant selon l'échelle d'action considérée (voir les notions
d'écoquartier, écovillage, ou encore écoville utilisée
en Chine).
Les 14 cibles
La " Démarche HQE "
comprend 14 cibles (détaillé dans le référentiel Qualité
Environnementale du Bâtiment) :
Cibles d'écoconstruction
-
C1. Relations harmonieuses du bâtiment avec son environnement immédiat
-
C2. Choix intégré des produits, systèmes et procédés
de construction
- C3. Chantier à faible impact environnemental
Cibles
d'éco-gestion
- C4. Gestion de l'énergie
- C5. Gestion
de l'eau
- C6. Gestion des déchets d'activités
- C7. Maintenance
- Pérennité des performances environnementales
Cibles de Confort
-
C8. Confort hygrothermique
- C9. Confort acoustique
- C10. Confort visuel
-
C11. Confort olfactif
Cibles de Santé
- C12. Qualité
sanitaire des espaces
- C13. Qualité sanitaire de l'air
- C14. Qualité
sanitaire de l'eau
Pour respecter la " Démarche HQE ", le
bâtiment doit atteindre au minimum :
- 7 cibles au niveau très
performant (minimum)
- 4 cibles au niveau performant (minimum)
- 3 cibles
au niveau de base (minimum)
Une 15e cible ?
La démarche
HQE contient seulement 14 cibles, cependant, l'idée d'une 15e cible complémentaire
autour des problématiques de biodiversité est apparue. En particulier
dans les bâtiments respectant la norme HQE la volonté de biodiversité
est omniprésente.
Acteurs
En France, la démarche
HQE a donné naissance à une marque déposée par l'Association
HQE. Plusieurs organismes contribuent à en structurer la démarche
et à en faire la promotion :
- l'Association HQE,
- le CSTB avec
Certivéa pour les bâtiments tertiaires,
- l'Association Qualitel
avec Cerqual pour le logement.
Ces organismes ont mis en place un système
de certification visant à la délivrance du certificat du droit d'usage
de la marque "NF Bâtiments Tertiaires - Démarche HQE".
Cette certification s'appuie sur un référentiel technique en
2 volets :
1. le SMO (Système de Management de l'Opération)
2.
la QEB (Qualité Environnementale du Bâtiment)
La démarche
HQE Aménagement
Présentée le 30 mars 2010,
HQE Aménagement est une méthode intégrée
d'aménagement opérationnel basée sur la concertation et le
pilotage.
Outil de gestion de la gouvernance d'un projet d'urbanisme,
cette démarche s'appuie sur trois principes :
- Globale et multicritère
: elle couvre l'intégralité des enjeux environnementaux, économiques,
sociaux et territoriaux.
- Démarche volontaire : à l'initiative
des porteurs de projet. HQE Aménagement ne définit pas de
niveau de performance a priori, mais elle oblige les porteurs de projet à
se fixer des objectifs de qualité et de niveaux ambitieux dans le cadre
de chaque projet. Ces objectifs doivent être hiérarchisés,
formalisés et évalués tout au long du projet.
- Transparente
et participative : elle positionne les échanges et la participation comme
une préoccupation constante, du début à la fin du projet,
impliquant tout aussi bien les habitants que les professionnels, en passant par
les services techniques.
HQE Aménagement répond ainsi
au récent développement des éco-quartiers promus par le Ministère
du Développement Durable.
Évolutions, perspectives
Vers
des routes HQE ? En France, avec l'assistance du CSTB et d'autres acteurs, le
conseil général du Nord a mis en place en 2005-2006 un groupe de
travail sur ce thème.
Une quinzième cible HQE ? Un début
de réflexion existe depuis 2004 avec notamment la direction Environnement
du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais sur le thème d'une quinzième
cible HQE visant une meilleure intégration de la biodiversité. Cette
cible intégrerait aussi et plus largement l'idée de " remboursement
de la dette écologique " (du bâti et de ses habitants ou usagers).
Moins
de pollution lumineuse : L'ADEME a mis en place fin 2005 une formation sur la
maîtrise de la demande en électricité, concernant l'éclairage
et intégrant les aspects dits de " "pollution lumineuse"
", alors que l'AFE (Association Française des Éclairagistes)
publiait son premier guide sur les "nuisances lumineuse" ; autant d'éléments
qui pourront aider à une meilleure prise en compte de ces facteurs, en
particulier pour l'éclairage extérieur qui prend une importance
croissante.
Vers une certification : Le 1er mai 2006, l'activité
de certification des acteurs et des ouvrages de construction initiée au
sein du CSTB est transférée à une nouvelle société
dénommée Certivea qui conçoit, développe, et réalise
des prestations de certification d'acteurs et d'ouvrage de construction
Pistes
d'amélioration et de réflexion :
- Choix du lieu d'implantation
;
Ce choix échappe généralement à l'architecte,
voire au prescripteur. On peut regretter que certains sites à vocation
HQE soient éloigné des réseaux de transport en commun, construits
en zone inondable ou qu'ils contribuent à fragmenter les écosystèmes.
Comment encourager le maître d'ouvrage à localiser de manière
écologiquement cohérente le bâti et les infrastructures le
desservant, en tenant compte du contexte écologique, paysager, urbain,
socioéconomique, et de manière à minimiser les flux, les
distances de déplacement (et la consommation d'énergie et les sources
de pollutions et nuisances y afférant ?
Encourager l'intégration
très en amont de la HQE à l'échelle des Pays, des Agglomérations,
par ex dans le cadre d'un Agenda 21, d'un SCOT (Schéma de Cohérence
Territoriale en France) est une des pistes développées mi 2007 par
le Grenelle de l'environnement (Atelier 1)
- L'intégration du
Vivant (faune et flore)
Il est approché pour des raisons esthétiques,
mais il est nécessaire pour des raisons éthiques et fonctionnelles
(voir quinzième cible HQE). Il est trop souvent limité au végétal.
Les équilibres écologiques nécessitent la présence
d'une faune minimale. Les pollinisateurs, les insectivores méritent une
attention particulière. l'éclairage nocturne ne doit pas les perturber,
etc. Ils devraient trouver place :
o dans le bâti extérieur (enveloppe,
cours intérieurs, fondations, surplombs, etc, dans un esprit proche du
concept de maison-nichoir),
o dans certains espaces tampons, pour certaines
espèces (type véranda, jardin d'hiver, dans la mesure du possible
planté dans le sol naturel),
o dans certains espaces intérieurs
(ex : système d'épuration de l'air, des eaux usées utilisant
les plantes comme Phyt'air, les algues, mais aussi les bactéries et d'autres
organismes aquatiques), avec les précautions et le suivi qui s'imposent.
o
en prévoyant des niches écologiques pour les espèces potentiellement
présentes après que l'environnement se sera amélioré
et non pour les seules espèces présentes au moment de la réalisation
de l'état initial ou du profil environnemental.
Les principes de l'intégration
de la biodiversité dans l'environnement humain (structure bâtie et
non bâtie) sont résumés dans l'article biodiversité
dans le bâti et le jardin.
- Le développement de fonctions compensatoires
et restauratrices.
Ces deux fonctions sont nécessaires à un objectif
de " remboursement de la dette écologique ".
o Ceci implique
d'inscrire le bâti dans un réseau écologique fonctionnel (maillage
de corridors biologiques à créer, restaurer, préserver, puis
gérer (gestion écologique et restauratrice, et donc différentiée).
o
Le bâtiment et ses occupants ne devraient-ils pas produire plus d'oxygène
qu'ils n'en consomment, et rejeter de l'eau et de l'air aussi ou plus propres
que ce qu'ils auront prélevé dans le milieu ? Leurs déchets
organiques et ceux des espaces verts ne devraient-ils pas systématiquement
contribuer à restaurer les écosystèmes (quand cela ne pose
pas de problème sanitaires) ?
o Des niches écologiques compensatoires
pourraient tendre à effacer l'empreinte écologique des aménagements
et de leur fonctionnement.
o La mesure de l'empreinte écologique, qui
est nécessaire à l'évaluation de la dette écologique.




